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samedi 4 janvier 2014
A l'attention de la LICRA
Puisque l'heure est au charcutage a posteriori des documents historiques pour satisfaire à la bien-pensance moderne, il me semble de mon devoir de citoyen de signaler à mon tour un ouvrage délictueux. Bien qu'ayant été écrites par une personne d'origine juive en pleine seconde guerre mondiale, et bien qu'elles soient issues de l’œuvre philosophique la plus profonde et la plus exigeante du XXe siècle, il serait dommage que ces lignes restent ignorées de la Nouvelle Anastasie :
"Dieu a fait à Moïse et à Josué des promesses purement temporelles à une époque où l’Égypte était tendue vers le salut éternel de l'âme. Les Hébreux, ayant refusé la révélation égyptienne, ont eu le Dieu qu'ils méritaient : un Dieu charnel et collectif qui n'a parlé jusqu'à l'exil à l'âme de personne (...). Il n'est pas étonnant qu'un peuple d'esclaves fugitifs, conquérants d'une terre paradisiaque aménagée par des civilisations au labeur desquelles ils n'avaient eu aucune part et qu'ils détruisirent par des massacres, - qu'un tel peuple n'ait pu donner grand-chose de bon. Parler de "Dieu éducateur" au sujet de ce peuple est une atroce plaisanterie.
Rien d'étonnant qu'il y ait tant de mal dans une civilisation - la nôtre - viciée à sa base et dans son inspiration même par cet affreux mensonge. La malédiction d'Israël pèse sur la chrétienté. Les atrocités, l'Inquisition, les exterminations d'hérétiques et d'infidèles, c'était Israël. Le capitalisme, c'était Israël, notamment chez ses pires ennemis.
(...)
Israël. Tout est souillé et atroce, comme à dessein, à partir d'Abraham inclusivement (sauf quelques prophètes). Comme pour indiquer tout à fait clairement : Attention ! là c'est le mal !
Peuple élu pour l'aveuglement, élu pour être le bourreau du Christ.
Les Juifs, cette poignée de déracinés a causé le déracinement de tout le globe terrestre. Leur part dans le christianisme a fait de la chrétienté une chose déracinée par rapport à son propre passé. La tentative de réenracinement de la Renaissance a échoué parce qu'elle était d'orientation antichrétienne. La tendance des "lumières", 1789, la laïcité, etc., ont accru encore infiniment le déracinement par le mensonge du progrès. Et l'Europe déracinée a déraciné le reste du monde par la conquête coloniale. Le capitalisme, le totalitarisme font partie de cette progression dans le déracinement ; les antisémites, naturellement, propagent l'influence juive. Mais avant qu'ils déracinent par le poison, l'Assyrie en Orient, Rome en Occident avaient déraciné par le glaive".
(Simone Weil, La pesanteur et la grâce).
Messieurs les censeurs, à vos ciseaux !
samedi 15 décembre 2012
Que faire de Lénine ?
C'est pas facile d'être un chef révolutionnaire mort.
Enfermé depuis 90 ans sous forme de momie dans un mausolée dont il avait refusé le principe de son vivant, le camarade Lénine continue de crécher au beau milieu de la place Rouge à Moscou, comme une vulgaire attraction touristique.
« Ce ne sont pas les hommes mais les idées qui doivent être conservées », avait-il dit avec justesse. Toutefois, parmi ses adorateurs, il semble que l'amour charnel ait triomphé de l'amour platonique, et c'est bien son corps qui fut pieusement conservé à sa mort, contre sa volonté.
Première trahison.
La deuxième a eu lieu il y a quelques jours, lorsque le président Poutine a répondu à peu près en ces termes à ceux qui voulaient supprimer le mausolée et enterrer le grand homme :
« Même l'idéologie communiste est issue des postulats de la religion. On dit que le mausolée (de Lénine) ne correspond pas aux traditions. Pourquoi ? Il est des reliques dans la Laure des Grottes de Kiev, dans d'autres monastères. Vous pouvez les voir ».
Voilà donc le pauvre Vladimir Illitch défendu au nom de la tradition, lui qui du passé voulait faire table rase. Comparé à une relique de moine, lui qui méprisait la religion. Et il peut même pas se retourner dans sa tombe de verre.
Morale de l'histoire ?
Inutile de balayer le passé, une fois retombées la poussière et les clameurs, la tradition revient toujours s'installer. D'ailleurs le christianisme n'était-il pas lui-même une doctrine révolutionnaire (destinée à éliminer les traditions païennes), avant de s'installer dans le paysage ?
La révolution façon table rase du père Lénine n'a d'ailleurs pas abouti à la société nouvelle escomptée. Tout au plus un triste système productiviste que certains ont qualifié à tort de "capitalisme d’État" mais que Jean-Claude Michéa a décrit plus finement comme un "État imitant le capitalisme" (1).
Ça valait bien la peine de tout foutre en l'air pour ça.
Léninisme et capitalisme, deux facettes de la même modernité destructrice des solidarités traditionnelles, pour mettre des individus déracinés au service de la production.
Pourtant, alors que les bolcheviques mettaient en place les bases de leur État totalitaire, d'autres révolutionnaires, comme les marins de Kronstadt ou les makhnovistes d'Ukraine, avaient une autre vision d'une société qui prendrait en compte les aspirations du petit peuple, qui s'appuierait même sur certaines de ses institutions ancestrales (telles les assemblées paysannes).
Lénine les a tous fait tuer ou exiler, ces héros de la révolution, pour qu'ils n'entravent pas la marche du progrès. Oubliés de tous, leur seul mausolée est désormais la banquise du golfe de Finlande ou les forêts de Zaporoguie.
Mais eux, au moins, on leur fout la paix.
(1) Jean-Claude Michéa, Le complexe d'Orphée. La gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès, Climats 2011
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