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mardi 1 juillet 2014

Du bon usage de la tradition

L'alternative modernité ou tradition est toujours mal posée, dans la société en général et dans l’Église catholique en particulier.

La tradition est une chose fragile et précieuse, qu'il convient de protéger et de faire vivre. 

Les modernistes sont contre la tradition, qui leur apparaît comme un poids mort qui empêche l’Église de s'adapter au monde moderne, et par voie de conséquence de toucher les cœurs du plus grand nombre. Erreur funeste qui coupe les croyants de leurs racines et les incite à vénérer les idoles du monde. Au demeurant les grotesques tentatives pour paraître branché ne débouchent généralement que sur du ridicule ou au mieux de l'insignifiant.

Les traditionalistes quant à eux sont assis sur la tradition comme Harpagon sur sa cassette, confondent défense de la tradition et défense de l'ordre social et finissent par idolâtrer les rites et la religion (ce qui est bien le comble de l'idolâtrie ; car la religion est un moyen d'accéder à Dieu, et non une fin en soi).

Leur point commun est de faire de la religion une affaire sociale et mondaine - groupement d'individus de bonne volonté d'un côté, coterie de bien-pensants de l'autre. Nul ne semble réellement croire en Dieu.

Les modernistes ont supprimé les chants grégoriens de leurs cérémonies, et l'ont remplacé par d'insipides chansonnettes. Les traditionalistes croient défendre le  grégorien, mais ils l'étouffent et ils en font une interprétation plate et sans âme. Quelques-uns font revivre un chant grégorien profond et mystique, du côté de l'abbaye du Thoronet par exemple.

vendredi 27 juillet 2012

Rock against the bunker

C'était un soir de printemps, chaud, quelque part sur une avenue, entre deux stations de métro et entre deux tours d'une élection présidentielle.

Je passe en vélo, tranquille, quand je suis heurté par une nappe de son qui sort du troquet sur la gauche.

J'accroche le biclou au premier poteau venu et je m'approche du rade, limite méfiant. C'était du rock'n roll.

L'assistance était encore un peu somnolente, mais le groupe envoyait du steak haché binaire, genre à l'ancienne, cousu main. Le chanteur occupait tout l'espace à lui tout seul, faut dire que c'était pas bien grand, mais quand même, avec sa grande gueule de Chuck Berry kabyle il vous aurait bouffé Bercy.

A force de rameuter les troupes, voilà que ça s'agite en salle, même les piliers de comptoir attrapent la bougeotte. Et puis il y a des groupies, belles comme des camions, venues s'éclater comme des gamines.

En voilà une qui devient la princesse de la soirée, elle oublie les années et les kilos en trop et se trémousse, dédaignant le black un peu bourré qui lui tourne autour, cherchant l'ouverture, depuis trois siècles qu'il était assis au comptoir, il se dit que c'est le moment où jamais.


Maintenant tout le rade est en feu, ça balance du trois-accords, le guitariste se prend pour Jimi et joue dans le dos, au dessus de la tête, pulvérise des solos frénétiques sur le public déchaîné.

La bière coule à flot pour calmer la fournaise. "Nous on est là pour réchauffer l'ambiance ", nous sort le chanteur, hilare, avant de faire tourner le chapeau.

Dimanche dernier, la Le Pen avait fait pas loin de 18 %.

Ce soir-là on en avait rien à foutre.