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mercredi 3 décembre 2014

Alain Soral ou la vérité nue

Les détracteurs d'Alain Soral ne sachant plus que faire pour le neutraliser, voila qu'on publie des correspondances privées accompagnées d'un selfie dénudé.

On est censé s'offusquer des propos tenus, ou se moquer du personnage pris en défaut ; on est surtout stupéfait devant le manque de prudence de Soral qui, se sachant à la fois haï et surveillé, envoie pourtant des textes et des photos compromettants à une inconnue.

Mais au fond, peu importe.

Car en réalité cela fait des années que Soral nous livre sa pensée dans sa nudité la plus complète, qu'il se met à poils intellectuellement en livrant le fond de ses réflexions sans retenue, ni langue de bois, ni faux-semblants, presque sans filtre. Sans jamais évacuer aucune question gênante. Ceux qui le suivent au quotidien ont pu voir sa pensée évoluer en direct, dans un spectacle bien plus fascinant que n'importe quelle émission de télé-réalité.

Soral, c'est la vérité nue. On se dit qu'il peut peut-être se tromper, mais on sait qu'il ne trompe pas, qu'il ne cache rien.

Paradoxe de notre époque qui aime afficher la nudité à tous va : publicités, calendriers ou militantisme politique, tout le monde se fout à poils. Mais la plupart du temps cette nudité sert à masquer la réalité. Les femmes nues des affiches publicitaires cachent le caractère sordide de la marchandisation capitaliste ; les seins agressifs des Femens sont le faux-nez de l'oppression mondialiste déguisée en résistance à l'oppression "patriarcale".

Seul Soral, sans souci du qu'en-dira-t-on, est vraiment nu. 

Et par là-même, invincible.

jeudi 13 novembre 2014

Paranomia

Dans l'Athènes antique, il existait un délit nommé Graphê Paranomôn ("écriture contre les lois"), qui désignait le fait de proposer à l'assemblée du peuple une loi contraire aux lois et usages existants (le grec nomos désignant aussi bien la loi que l'usage). Les lois nouvelles n'avaient donc pas pour but de chambouler l'ordre existant, et l'ancienneté d'une loi était un gage d'efficacité.

Dans les sociétés de droit libéral, le principe inverse a été adopté : en cas de conflit entre deux lois, c'est la plus récente qui s'applique au détriment de la plus ancienne.

Dans nos sociétés post-modernes, non seulement la priorité est donnée aux lois plus récentes, mais il est considéré comme de le première urgence de réformer tout ce qui parait démodé. L'ancienneté de la date de publication d'une loi ou d'un décret (quand bien même il aurait été modifié cent fois depuis lors) est souvent avancée pour justifier son abrogation.

Il n'appartient pas au promoteur d'une innovation législative de prouver le bien-fondé de sa réforme ; c'est à ses opposants de prouver que celle-ci pourrait s'avérer néfaste.

Plus encore, ceux qui s'attachent à défendre la loi existante se retrouvent suspects de conservatisme, de réaction, de sentiments haineux envers leurs contemporains et leur époque, et sont, de fait, voués aux gémonies, dans une espèce de délit de graphê paranomôn inversé.

C'est pourquoi les opposants à une loi trouvent généralement plus prudent de proposer une autre réforme plutôt que simplement prôner l'immobilisme : c'est pas que je sois contre la construction européenne, mais je veux une autre Europe... Oui bien sûr il faut réformer le système, mais pas de cette manière...

Même les opposants au délirant "mariage gay" ont fini par se croire obligés de proposer une union civile - qui existait pourtant déjà - comme alternative à la fameuse réforme sociétale.

Il faut retrouver le goût de l'immobilité. Renverser la charge de la preuve.

lundi 28 juillet 2014

Quand on voit ce qui existe, et quand on voit ce qu'on se tape...


Tous les coiffeurs ne sont pas pédés. J'en veux pour preuve que c'est mon coupeur de tif attitré de l'époque qui m'enseigna il y a de nombreuses années cette forte maxime relative à la gent féminine : "Quand on voit ce qui existe et quand on voit ce qu'on se tape..."

Je m'étais contenté d'un petit sourire pour toute réponse, étant persuadé à ce moment-là que j'avais un ticket avec la plus belle fille du patelin (ce en quoi la vie, qui ne fait pas de cadeau, n'allait pas manquer de punir cet orgueil fort mal placé), une magnifique brune dont le prénom médiéval et les postures altières exaltaient mon imagination romantique.

Bref, tout ça n'a aucun intérêt si ce n'est que cette fameuse phrase de mon coiffeur (qui se l'est fait piquer ensuite par les Inconnus) m'est revenue l'autre jour, non pas en pensant aux femmes (je préfère désormais les laides, qui donnent autant de bonheur une fois qu'on s'est habitué), mais en pensant aux présidents.

Quand on voit ce qui existe ...



...et quand on voit ce qu'on se tape...



Et bin quoi ?

Et bin ça fait mal au cul, voilà  ce que ça fait.


mercredi 3 octobre 2012

Faut-il se désoler de la "trahison" du PS ?


A gauche, on est gentils mais on est parfois un peu longs à la comprenette.

On peut se réjouir du succès de la manifestation anti TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) de dimanche dernier (30 septembre 2012), organisée par le Front de gauche rejoint par plusieurs syndicats. Étant donné le cran supplémentaire vers la folie "ordolibérale" que ce traité nous invite à franchir, toute mobilisation est bonne à prendre. Même s'il y a peu de chances que cela aboutisse dans l'immédiat à un abandon du traité, au moins cela met-il le pouvoir devant ses responsabilité en forçant un peu le débat.

On passe encore pour des niais

Non, vraiment, je critique pas la manif (1). Ce que je pige pas, c'est la teneur de certains slogans et pancartes observés dans la foule par les journalistes présents, qui relèvent l'expression d'une certaine "déception" :

« 6 mai 2012, si j’aurais su, j’aurais pas venu » ; 
« Au printemps on l’élit, à l’automne il nous trahit »". 

Une affiche du front de gauche formulait quant à elle une étonnante requête : 

« PS-EELV soyez de gauche ! »

On se pince : il y a vraiment des gens qui ont voté pour François Hollande en croyant qu'il allait changer quelque chose à l'orientation économique de la France et de l'Europe ?!? Et qui aujourd'hui sont "déçus" ???

Bien sûr, il se peut que les journaux aient pris soin de sélectionner les pancartes les plus bêtes (les journaux aiment bien ramener toute protestation à un gémissement tourné vers le pouvoir). Mais quand même, on passe encore pour des niais.

Si encore les gens qui tenaient ces pancartes étaient des jeunes de 18 ans qui ont voté pour la première fois de leur vie en 2012, on pourrait comprendre leur naïveté et le côté "éternel recommencement" de la déception vis à vis du parti socialiste. Mais pour certains il s'agissait de citoyens qu'on peut qualifier d'expérimentés, du genre qui a déjà voté pour Mitterrand en 81, c'est dire.

30 ans de déception

Mes premiers souvenirs politiques les plus vagues, qui remontent au milieu des années 80, comportent l'idée que le pouvoir issu du PS avait déçu. Puis les mêmes ont encore déçu, voire trahi, lors du gouvernement socialo-centriste de 1988-93. Puis encore lors du gouvernement des "privatisations plurielles" de Jospin (1997-2002). Et même dans l'opposition, ils étaient nuls, soutenant le plan Juppé sur les retraites en 1995, puis la délirante constitution européenne en 2005.

On peut donc légitimement détester le PS, s'en méfier, essayer de faire pression sur lui, l'attaquer, l'ignorer, tout comme on pourrait se satisfaire de son idéologie et de sa politique ; mais on ne peut pas, à moins d'avoir la mémoire politique d'un poisson rouge, être déçu.

Si on a tous voté Hollande au printemps dernier, c'était juste pour expulser le précédent locataire de l’Élysée, qui nous fatiguait à brailler des insanités toute la journée et qui faisait honte au pays, et il n'y a de ce point de vue aucun regret à avoir. De là à attendre quelque chose du mec, un peu plus "normal" mais tout autant libéral, qui a emménagé à sa place, il y a un pas qu'on ne saurait franchir sans faire preuve d'une naïveté qui confine au masochisme.

C'est vrai que Hollande avait promis de "stopper l'Europe de l'austérité, renégocier le traité Merkel-Sarkozy dans le sens de la croissance et de l'emploi". Mais il indiquait plus loin qu'il fallait aussi voter pour lui pour "redresser les finances publiques, atteindre l'équilibre budgétaire à l'horizon 2017" (2). Dans un sens, il tient donc ses promesses...

Ce joli mot de socialisme

Sinon, il y a peut-être le mot qui prête encore à confusion : ce beau nom de socialisme. Mais tout le monde sait depuis longtemps que c'est une blague, que le PS n'a plus rien de socialiste, que ce n'est rien d'autre qu'une marque qu'on conserve parce qu'elle est bien connue du public.

Qu'est-ce que le socialisme, au sens le plus large ? On pourrait définir ça a minima comme la volonté de rompre avec le capitalisme pour instaurer une société basée sur la coopération et la limitation des inégalités sociales (à partir de quoi on peut imaginer moult formes de socialisme).

Le PS quant à lui considère officiellement le capitalisme comme une fin indépassable, dont il se borne à critiquer les excès. A la limite, on peut même dire que la critique des excès du capitalisme par le parti socialiste ne vise qu'à le préserver pour lui éviter de sombrer sous le poids de ses contradictions (3).

C'est donc foncièrement un parti libéral, qui défend la liberté du commerce et du capital, considérées comme "efficaces" pour "créer de la richesse". Par contre, comme ils sont de gauche, ils prônent la redistribution d'une partie de cette richesse. Et surtout, comme ils sont de gauche, ils font bien attention à ce que les individus atomisés par ces règles du jeu libéral ne fassent l'objet d'aucune discrimination de sexe, de couleur de peau, d'âge, de handicap, d'orientation sexuelle ou que sais-je encore (4).

Ce vilain mot de capitalisme


Quiconque se réclame de près ou de loin d'un projet socialiste devrait s'éloigner à tire d'ailes de cette "gauche" progressiste capitaliste et la considérer comme un adversaire au même titre que la droite.

Car le capitalisme (et l'idéologie libérale qui le soutient) est condamnable en soi, quelle que soit par ailleurs son "efficacité". Il repose sur l'idée (tout à fait saugrenue pour n'importe qui l'aurait entendue avant le XVIIIe siècle) que 1/ la prospérité et le bien-être commun ne peuvent provenir que de la promotion de l'égoïsme de chaque individu et que 2/ peu importe ce qu'on produit, l'essentiel c'est de réussir à le vendre.

En permettant (et en encourageant) à une minorité de s'enrichir par tous les moyens (vendre n'importe quoi, mentir, exploiter les autres, dénigrer son concurrent, produire sans se préoccuper des nuisances que l'on provoque, gaspiller les ressources, etc), le libéralisme donne une prime aux citoyens les plus amoraux, au détriment de ceux qui ont gardé quelque scrupule (5). Un véritable socialiste ne remet pas en cause les règles du jeu libéral parce qu'elles sont inefficaces, mais bien parce qu'elles sont immorales.

Quant à la redistribution des richesses ainsi créées, qui fait la fierté de nos libéraux de gauche, elle revient à humilier les pauvres (ceux qui n'ont pas su utiliser les règles du jeu à leur profit) une seconde fois en les transformant en "assistés", pour quelques miettes des profits faramineux que les plus malins ont su accumuler.

Faut-il être de gauche ?

Voilà donc pour la déception. Reste une autre question, moins évidente : qu'en est-il maintenant de l'injonction faite au PS d'être de gauche ?

J'avoue avoir été de ceux qui ont longtemps reproché au PS de ne pas être vraiment de gauche, ou de ne plus l'être suffisamment, selon les moments. Mais en fait il s'agit d'un malentendu. Car si le PS, comme on l'a vu, n'est pas socialiste, en revanche il est vraiment de gauche. La gauche, c'est le parti du progrès. Or le PS est pour le progrès ; ce qui inclut notamment la construction européenne, l'abandon des souverainetés nationales, et n'est pas incompatible avec des règles d'austérité budgétaire.

C'est peut-être plutôt nous, les anticapitalistes, qui devrions cesser de nous définir comme étant de gauche. Et les pancartes dans les manifs, si elles souhaitent vraiment interpeller le PS sur son identité, devraient, plutôt que de lui enjoindre d'être de gauche, lui demander d'être socialiste. Une pancarte "Socialistes, soyez socialistes" serait cohérente. Vaine, mais cohérente.

Au-delà des mots, il y a des choix concrets. En ce qui concerne l'Europe, il serait temps de cesser de croire qu'on pourra améliorer la démocratie interne du machin et d'en faire un progrès pour le genre humain. Et de dire tout simplement qu'on n'en veut plus du tout.

Le grand malentendu continue

Ce qui est malheureux dans l'histoire, c'est que ce grand malentendu semble se reproduire au sein du mouvement qui a justement pris le nom de "Front de gauche", où les réflexes "progressistes" l'emportent souvent sur le projet de rupture avec le capitalisme, alors que c'est précisément cette volonté de rupture qui le distingue du PS et qui attire à lui nombre de militants et d'électeurs écœurés par le monde actuel.

Il n'est pas anodin de noter que les organisateurs de la manifestation de dimanche avaient décidé d'ouvrir la marche par "un cortège unitaire d'associations féministes". Sans vouloir remettre en cause la noblesse de leur combat, on pourrait légitimement s'interroger sur le rapport avec le TSCG. Explications de la féministe en chef : « L’austérité touche durement les classes populaires et les précaires. Parmi eux, il y a les jeunes et les immigrés mais aussi les femmes. Elles sont plus souvent en sous-emplois, cantonnées aux bas salaires, davantage concernées par les coupes dans les prestations sociales » (6).

Bon sang, mais c'est bien sûr ! A ce compte-là, il faudrait donc ouvrir toutes les manifestations par un cortège féministe, chaque problème social contenant sans doute une dimension sexiste plus ou moins cachée. Ou alors ils auraient pu faire ouvrir la marche par un cortège de musulmans, puisque les musulmans sont souvent plus pauvres que la moyenne, donc plus touchés par la crise, etc.

Réflexe "progressiste" que de transformer toute revendication sociale en récrimination sociétale ; de troquer la défense de la majorité (le peuple) contre la défense des minorités. Au risque (souvent avéré) de détourner les masses de ces protestations où le prolétaire ne voit que l'expression du chaos social qui lui a déjà fait tant de mal.

Le Front de gauche reste l'organisation politique la plus intéressante à l'heure actuelle, car il a su attirer à lui la meilleure part des anticapitalistes (7), mais il va lui falloir clarifier un bon nombre de positions pour devenir crédible.


Car si le proverbe dit qu'on peut tromper une personne mille fois ou mille personne une fois, mais pas mille personne mille fois, il semblerait que jusqu'ici la gauche ait trouvé la formule pour tromper 60 millions de personnes 60 millions de fois.


(1) A laquelle j'aurais participé si j'avais pu, mais j'ai pas pu.

(2) Tract diffusé avant le 2e tour des présidentielles de 2012.

(3) Comme l'écrivait un militant socialiste lambda de la section PS des Ulis, reproduisant la doxa de son parti : "La Crise des subprimes,  la spéculation éhontée sur les matières premières, bref l'univers totalement virtualisé de la finance conduit à des désastres socio-économiques et à terme l'auto destruction du système capitaliste. Devons-nous nous en réjouir ? Non, car ce système a prouvé son efficacité dans le développement d'une consommation de masse et donc permis l'accès au plus grand nombre d'un confort inimaginable ne serait ce qu'il y a cinquante ans".

(4) La différence avec la "droite" libérale est d'ailleurs minime sur ces sujets, puisque la droite lutte elle aussi contre les discriminations et qu'elle est bien obligée de redistribuer une partie des profits (quoique en rechignant) pour éviter l'explosion sociale à court terme.

(5) Un peu comme les amoureux déchirés d'Orly dans la chanson de Brel : "Je crois qu'ils sont en train de ne rien se promettre ; ces deux-là sont trop maigres pour être malhonnêtes".

(6) Christiane Marty, citée par Mediapart (oui, ben on a les sources qu'on peut).

(7) Notamment quelques "décroissants" et autres désobéissants dont la vivifiante critique du capitalisme, assortie de quelques perspectives concrètes, est à cent lieues (au dessus) des déclarations lénifiantes d'un François Delapierre ou d'un Pierre Laurent.

dimanche 16 septembre 2012

Le parti de gauche réhabilite enfin René Balme


Alors qu'il avait lâchement abandonné son candidat au beau milieu de la campagne des législatives, le PG a enfin repris ses esprits en publiant le communiqué que tout le monde attendait :

"Le « délit de blasphème rouge-brun » n’a pas sa place dans la République !"

"Nous dénonçons la volonté de la part de certains groupuscules de la presse de caniveau de salir la campagne du Front de gauche et de rétablir une sorte de « délit de blasphème » absolument inacceptable.
Ainsi, alors que le PG se félicite de la forte affluence rencontrée sur son stand et de manière générale par toute la Fête de l’Humanité qui annonce une forte mobilisation le 30 septembre contre le Traité d’Austérité, il tient à faire une mise au point à propos d’un incident qui s’est déroulé dans la presse en mai dernier lors de la campagne des législatives.
Le site d' "information" www.rue89.fr , qui appartient au groupe de presse du Nouvel Observateur et des sanibroyeurs SFA, prétextant de la candidature de René Balme au nom du Front de gauche dans la circonscription de Grigny (Rhône), a fait le choix d'empêcher le débat par les insinuations et les insultes. Parmi les quelques allégations assénée par ces personnes revenait l'affirmation absurde que René Balme serait un « rouge-brun ». Face à la confusion générale, et pour éviter toute violence, les responsables du parti de gauche ont fait le choix sage de ne pas répondre.
Nous condamnons fermement ce genre de coup de force d’une grande lâcheté de la part d’une poignée d’individus ayant perdu tout repères politiques. Premièrement, empêcher la tenue d’un débat digne de ce nom en publiant des insanités est un acte grave qui ne profite qu’à l’extrême droite. Deuxièmement, le terme de « rouge-brun » ne fait pas partie de notre vocabulaire. Autant le PG est en première ligne pour dénoncer le racisme qui touche particulièrement nos concitoyens de confession musulmane, autant nous considérons que toutes les religions, dont l’Islam et le judaïsme, doivent pouvoir être critiquées librement dans notre pays, de même que le sionisme et l'impérialisme.
Même si nous ne partageons pas toujours les analyses de René Balme, nous connaissons ses convictions de gauche et sa détermination contre le racisme et l’extrême droite, et nous lui assurons notre solidarité totale en rappelant tous les combats qu'il a mené jusqu'ici pour l'écologie, la paix et la solidarité".


Après avoir ainsi défendu sans détour son militant le plus dévoué et le plus sincère, le PG publiait un autre communiqué pour regretter l'annulation du débat avec Caroline Fourest à la fête de l'Humanité :
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"Au sujet de l'annulation du débat de Caroline Fourest"

"Le Parti de gauche (PG) prend acte de l'annulation du débat avec notamment Caroline Fourest sur le Front national.
Cette annulation ne permet plus néanmoins qu’une discussion ouverte et mutuellement argumentée se mette en place avec Caroline Fourest dans le but d’œuvrer à une clarification nécessaire, suite aux faits avancés et commentés par le groupe « Les indigènes de la république » et le site ouma.com. Et ce, dans le cadre statutaire de notre parti.
Nous le regrettons. 
Toutefois, nous souhaitons à cette occasion réaffirmer un certain nombre de principes fondamentaux pour le PG:
La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est évidemment au cœur de nos valeurs et de l’identité de notre parti.
A ce titre, il est nécessaire que tous les adhérents du PG, a fortiori ceux qui peuvent être amenés à parler en son nom ou le représenter, soient particulièrement attentifs aux documents et aux textes dont ils font la promotion. Et ce, dans le cadre de leurs activités dans le parti ou dans d’autres espaces militants. Nous tenons ainsi à réaffirmer qu’en aucun cas,  il n’est concevable que des militants, de surcroît des responsables ou toute personne se prévalant de son appartenance à notre parti dans la vie publique, puissent participer, directement ou indirectement, à ouvrir des espaces publics aux promoteurs d’idées racistes, antisémites ou négationnistes.   
En effet, pour ne pas banaliser ce type de parole, il importe de condamner avec la plus grande fermeté ceux qui la véhiculent. A ce titre, des individus comme Caroline Fourest et ses anciens compagnons de Charlie Hebdo sont connus pour multiplier publiquement depuis longtemps les déclarations antimusumanes ou promouvoir les thèses néoconservatrices. Ils sont d’ailleurs des adversaires déclarés des idées pacifistes et anti-impérialistes qu’ils méprisent d’ailleurs régulièrement dans leurs publications ou leurs sites. De même, nous ne partageons en rien les théories « complotistes » qui attribuent à l'islam tous les maux du monde. Et même, nous les condamnons. 
Cette vigilance collective est d’autant plus nécessaire que nombre de nos adversaires, dans l’arène politique, intellectuelle et médiatique, oeuvrent régulièrement pour tenter de décrédibiliser « l’autre gauche » en l’assimilant scandaleusement à l’antisémitisme et aux courants « rouges-bruns ».
L’offensive de la droite contre Jean-Luc Mélenchon sur ce thème au lendemain de l’élection présidentielle en a constitué une nouvelle démonstration".


Ouf, en tant qu'adhérent du parti de gauche, je suis soulagé de voir que la direction du parti a enfin retrouvé ses repères.

PS : on me signale dans l'oreillette que j'aurais par maladresse interverti les noms de René Balme et de Caroline Fourest dans les deux communiqués. Je n'ose y croire.

PS 2 (du 17/09/12) : ironie mise à part, l'attitude des "indigènes" qui ont empêché la tenue du débat à la fête de l'Huma est lamentable. Quoi qu'on pense des thèses de Caroline Fourest, un débat était justement l'occasion de le lui dire en face. Au lieu de quoi on lui permet de se poser en victime du fanatisme religieux ; autant dire qu'on lui a bien servi la soupe.
Reste (et c'est l'objet de ce billet) qu'on aurait aimé de la part du PG la même fermeté en mai pour défendre Balme dont le seul tort était d'avoir administré un site internet dont certains contenus (sur des milliers d'articles) n'étaient pas conformes à la ligne du parti. Cette indignation à deux vitesses laisse malheureusement transparaître l'atlantisme viscéral des dirigeants du PG.

mardi 29 mai 2012

Est-on de gauche quand on met Marine Le Pen au centre du jeu politique ?

La question agite aussi bien le média dominant que le blog gauchosphérique : fallait-y y aller, ou fallait-y pas ?
Le gars est-il courageux ou inconscient, cherche-il rien qu'à faire son intéressant ou suit-il son destin ?

Mais qui ça ? Où ça ?
Ben Méluche, quoi. A Hénin-Beaumont.

Donc le pépère s'est parachuté dans le Pas-de-Calais comme un maquisard à l'arrière des lignes ennemies, et il s'en va affronter tout seul à mains nues le boss de fin de niveau, sans se soucier des quolibets et du qu'en-dira-t-on.

Autant le dire tout de suite, on n'est pas très calé ici en tactiques politiques, et on n'a trouvé qu'un truc à dire à l'annonce de l'attaque : le coup était couillu et réjouissant.


Tout le monde n'est pas de cet avis. Une partie de la gauche de gauche s'interroge. Ou, pour aller vers une gauche moins de gauche, une Martine Aubry "très en colère" aurait lâché qu' "on n'est pas de gauche quand on met Marine Le Pen au centre du jeu politique". Bon, on n'épiloguera pas sur la qualité de la personne qui a lâché l'anathème ni sur ses capacités à décerner des brevets de gauchitude, mais on retiendra la question de fond.

Car on le sait, et le lecteur de ce blogs (s'il y en avait) avant tout autre, combattre le Front national est souvent le plus sûr moyen de faire le jeu du FN. D'un autre côté, ne pas combattre le FN a généralement le même effet.

Alors, fallait-il réserver d'abord ses forces militantes pour s'attaquer la haute finance et attendre que le FN s'effondre tout seul ? Ce serait ignorer que le FN n'est pas qu'un symptôme, mais une partie du problème. Une grosse épine dans le pied du mouvement social.

Si le système capitaliste financier arrive à se maintenir malgré toute l'opprobre qu'il a accumulé contre lui, c'est qu'il arrive encore à diviser tout le corps social qui aurait intérêt à sa chute.

Au sein de la classe populaire, on monte le travailleur de souche contre le travailleur immigré. Parmi la classe moyenne (ou, pour parler plus crûment, la petite bourgeoisie intellectuelle), le privé est opposé au public. Enfin la classe populaire dans son ensemble est invitée à se défier de la petite bourgeoisie, peuplée de bobos qui ne connaissent rien à la vraie vie, tandis que celle-ci est habituée à ne voir dans la classe des ouvriers et des employés qu'un ramassis de beaufs à l'esprit étroit.

Le rôle de la gauche est de rassembler tout ce beau monde pour foutre une tannée aux profiteurs qui mettent le monde en coupe réglée, au système productif qui robotise le salarié et humilie le chômeur.

Le FN, de son côté, propose une vision du monde qui a sa propre cohérence. Il se pose désormais en défenseur du peuple, d'une part en défendant son identité, d'autre part en défiant le "Système" financier international. En proposant de revenir aux valeurs de la France éternelle et de fermer les frontières, il montre une voie qui peut tenter aussi bien le prolo que la classe moyenne inquiète.

Il importe donc de prendre en considération les inquiétudes qui font son succès tout en montrant que la solution proposée est une impasse.

S'il gagne à Hénin-Beaumont, Méluche montre à la classe ouvrière qu'il existe une alternative au PS pourri et au FN clivant. Ce n'est pas qu'une question de morale. L'enjeu est de montrer que la solution de la gauche (la vraie) est plus puissante que la solution nationaliste, car victorieuse.


Alors vas-y Jean-Luc, fous-y une trempée à la walkyrie !


vendredi 25 mai 2012

Faut-il faire le jeu du Front national ?

Tout blog vaguement politique devrait se poser la question. Parce que faut faire gaffe, ça va très vite, on s'en rend même pas compte. On dit un truc, on se croit malin, et crac, voilà qu'on a fait le jeu du Front national à son insu.

La gauche angélique a fait le jeu du FN (et hop : 2002). La droite sécuritaire aussi (et zou : 2012). Les antiracistes ont largement fait le jeu du FN en crispant le François de souche avec leurs diatribes culpabilisantes. D'un autre côté, admettons-le, les racistes ne sont pas non plus complètement hors de cause dans la montée de l'extrême-droite.

Les médias ont fait le jeu du FN en parlant trop de lui, puis en n'en parlant plus, en le diabolisant, puis en le dédiabolisant.

Les noirs font le jeu du FN en ne faisant aucun effort pour l'être moins (quoique, l'ampleur du trafic d'hydroquinone dans les commerces spécialisés montre que certains sont conscients du problème). Les bobos blancs font le jeu de qui vous savez en essayant (en vain) d'être copains avec des noirs, au lieu d'être copains avec les autres blancs qui aiment pas les noirs.

Les musulmans fanatiques font le jeu de l'extrême-droite en massacrant à l'occasion quelques infidèles. Les berserker vikings font de même en montrant à leurs semblables que c'est quand même plus possible de continuer comme ça, et que s'ils ont dû sortir les grands moyens, c'est que les autres ils l'avaient peut-être un peu cherché.

Les historiens et autres sociologues font le jeu du FN en ramenant tout le temps leur science pour humilier le bon sens populaire. Et si moi j'ai envie de croire que c'est Clovis qui a inventé la France (chrétienne et blanche) en se prenant un coup de marteau sur la tête ? J'ai lu Lorant Deutsch, quand même. Et si j'ai envie de penser qu'en jetant tous les allogènes à la mer, on ferait disparaître délinquance, criminalité et problèmes de logement dans ce beau pays (comme au XIXe siècle . Bon en 1850 à Paris, fallait pas trop se promener le soir sans arme, mais se faire suriner par un blanc, c'est pas pareil, c'est moins humiliant) ? Et puis je vois bien ce que je vois, vous me faites marrer, avec vos trucs d'intello. Comme dit mon cousin Gontran, les chercheurs, faudrait un jour qu'ils finissent par trouver.

Bref, c'est pas facile, alors on se retient, on évite de beugler "Nique la France", même pour rire, on sourit aux vieilles dames acariâtres qui grognent devant le distributeur de billets, on essaie de bien se tenir.

Et quand vient le moment de voter, on sait plus. La plupart s'empressent d'aller voter utile pour éviter un "nouveau 21 avril" (chez les journaleux, ça veut dire un(e) Le Pen au 2e tour de l'élection présidentielle). D'autres en revanche se refusent à voter pour des candidats du système dont la politique fait le jeu du FN. On en viendrait presque à se demander si le meilleur moyen de ne pas faire le jeu du FN, ça ne serait pas de voter pour le FN, histoire d'en finir.

Qu'on se le dise, ce blog n'en a rien à cirer de faire le jeu de qui que ce soit. RA ne joue que son propre jeu, et c'est au contraire lui qui profite de tous les faux pas, de toutes les faiblesses de ses adversaires. On écrira donc ce qu'il lui plaira d'écrire, et on bandera quand on aura envie de bander. Bordel.